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Meditation

L’origine et le caractère de cette colère sont faciles à comprendre : Satan savait que la semence de la femme devait lui écraser la tête ; aussi, depuis sa chute, et son bannissement du Royaume, il fait tout son possible pour empêcher l’exécution de cette sentence. Sachant que cette semence, qui est Christ, surgirait du peuple juif, il essaya aussi maintes fois d’exterminer cette race. Rappelons-nous l’Égypte, lorsque Pharaon ordonna de jeter les enfants mâles des Hébreux dans le fleuve. Souvent Satan amena le peuple sous les jugements de Dieu en le poussant à pécher, croyant pouvoir le détruire de cette manière. La race royale, d’où devait naître le Christ, fut presque anéantie par la reine Athalie ; il n’en resta que Joas, un enfant sauvé par la fille du sacrificateur Jehoyada. Dans ce texte, c’est Hérode qui est l’instrument du diable pour faire disparaître Jésus, quand il ordonne de mettre à mort les petits enfants de Bethléhem.

Plus tard il crut finalement triompher en poussant les hommes à crucifier le Seigneur, mais c’est alors qu’il fut rendu impuissant et eut la tête écraser. C’est en vain que Satan et les hommes cherchent à s’opposer à Dieu. Viendront des jours ou les puissants de la terre se lèveront ensemble contre l’Éternel et contre son Oint, mais il est dit : « Celui qui habite dans les cieux se rira d’eux, le Seigneur s’en moquera » (Ps 2.4). Croyant ne pas manquer son but, Hérode fera tuer tous les petits enfants mâles qui se trouvent sur le territoire de Bethléhem, depuis l’âge de deux ans et même au-dessous, selon le temps, après s’être informé auprès des mages. On peut comprendre d’après ce passage qu’il s’était écoulé environ deux ans au moment où l’étoile apparue aux mages en Orient, pour leur annonçant la naissance du Seigneur. Donc d’après les calculs d’Erode, le petit enfant Jésus devait être dans sa deuxième année à ce moment-là.

« Dans Rama, on entend une plainte, des pleurs amers et des cris de deuil. C’est Rachel qui pleure sur ses enfants. Elle ne veut pas être consolée, parce qu’ils ne sont plus. » (Jr 31.15) Si le Seigneur avait été reçu, pour accomplir la restauration d’Israël dont parle ce chapitre de Jérémie, ces petits enfants n’auraient pas été mis à mort ; ils auraient tous joui de son règne ; mais ayant participé immédiatement à la réjection de Christ, ils auront leur part avec lui dans la gloire céleste, ce qui vaut encore infiniment mieux. Pour le peuple, il est vrai, que la mort de ses enfants est un sujet de pleurs. Il est triste aussi de penser qu’un des premiers effets de la présence de Christ ici-bas, a été le massacre de ces petits enfants : cela montre ce qu’est le cœur de l’homme. Mais, ne faut-il pas que la terre se vide, pour remplir le ciel ? ». Le but de Dieu est de peupler le Royaume, avec des hommes parfaitement heureux, une terre nouvelle ; voilà pourquoi, dans son insondable amour, Dieu le Père a fait descendre son Fils bien-aimé sur cette terre corrompue et remplie de violence, pour que, par sa mort à la croix Satan soit vaincu et la dignité de l’homme enfant de Dieu soit rétabli a jamais.

Amen.