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Meditation

Les disciples discutaient entre eux pour savoir lequel parmi eux devait être considéré comme le plus important, le plus grand. Jésus veut que les disciples aillent plus loin que la perception de leur regard. Il invite ses contemporains à regarder ce qui se passe dans le monde. Seule la Parole Dieu, peut nous présenter un tableau aussi fidèle du cœur humain, et quel triste tableau ! « Les rois des peuples les commandent comme des chefs, et ceux qui ont le pouvoir sur eux veulent qu’on les appelle “amis du peuple”. Mais vous, ne faites pas comme eux ! » En regard d’une pareille réalité, nous voyons la grâce et la patience du Seigneur avec ses disciples. Au lieu de les désapprouver fortement, Jésus va leur montrer que la vraie grandeur, l’importance absolue consiste à s’abaisser pour servir comme il l’a fait ; le lavement des pieds est un contraste absolu avec la grandeur voulu par le monde, et qui ne recherche que la gloire dans l’élévation de l’homme.

Avoir de l’ambition, se donner des objectifs à atteindre, est nécessaire à l’épanouissement des dons naturel reçu de Dieu, mais vouloir devenir le plus grand parmi ses semblables, est par essence un excès d’orgueil. Que devons-nous entendre par plus grand ou plus important ? Dominant, maître, dictateur ? Est-ce vraiment nécessaire de paraître plus important pour être écouté des autres, pour être un Maître ? Nous qui considérons bien souvent les enfants comme dénués de toute sagesse et de responsabilité, c’est pourtant un enfant que Jésus va montrer en exemple à ses disciples, afin qu’ils trouvent le chemin de l’humilité. C’est pourquoi Il leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille accueille aussi celui qui m’a envoyé. »

« Il n’y a rien de plus sourd que celui qui ne veut pas entendre », dit le livre des proverbe. Effectivement, les disciples de Jésus ne sont pas une exception. Aussi bien à leur époque qu’aujourd’hui, la quête du pouvoir est quelque chose d’universel. Aussi Jésus va inviter ses contemporains à regarder ce qui se passe dans le monde : « Vous le savez leur dit-il : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. » (Mc 10.42) Et cela malheureusement, n’a pas beaucoup changé jusqu’à aujourd’hui ! Jésus est intransigeant, sur l’agir et l’attitude de ceux qui le suivent : « Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. » (Mc 10.43) Notre modèle frères et sœurs, c’est le Christ et non le monde ; « car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Il n’y a pas de juste milieu, soit c’est l’esprit du monde qui nous guide, soit c’est le Christ qui par son Esprit inaugure son Royaume en chacun de nous.

L’humilité est parfois, pour ne pas dire souvent, la chose la plus difficile à vivre, Bernadette de Soubirous disait : « l’humilité, c’est comme un bon parfum, il n’y a que celui qui le porte qui ne le sent pas ! ». Être humble, ce n’est pas de toujours se cacher, parfois l’humilité nous pousse à risquer une parole, un geste, sans nous regarder, simplement pour aider l’autre à grandir. C’est ainsi que s’exerce en nous le cœur doux et humble de Jésus. Demandons donc en ce jour à Dieu notre Père, la grâce de ressembler à Jésus, chemin de vie et de vérité.

Amen.