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Meditation

Le ministère de Jean le baptiste captivait l’attention des Juifs, car, durant plus de quatre siècles il ne s’était levé au milieu d’eux aucun prophète. La perfection de la vie de Jean, son témoignage divin répondait pleinement aux pensées de Dieu, sa séparation absolue du peuple à cause de l’état moral de celui-ci, tout cela pouvait faire supposer qu’il était le Christ. L’évangile de Luc dit : « Comme le peuple était dans l’attente, et que tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. » (Lc 3.15) Les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des lévites pour lui demander qui il était. « Qui es-tu ? » Cette demande donne à Jean l’occasion de rendre témoignage à la gloire de la personne de Christ, encore inconnu de lui et du peuple au milieu duquel il vivait depuis trente ans.

« Je ne suis pas le Christ. » Ils continuèrent donc à l’interroger en insistant : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Dans sa grande humilité, Jean, conscient de la grandeur de celui dont il était le précurseur et le témoin, va leur dire ce qu’il n’est pas. Il ne veut rendre témoignage qu’à Jésus. Il n’est pas le Christ. Il n’est pas Élie dont parle le livre de Malachie (4.5) qui doit venir avant « le grand et terrible jour de l’Éternel », le jour du jugement. Il n’est pas non plus « le prophète » dont Moïse fait référence dans le livre du Deutéronome : « Je leur susciterai un prophète comme toi, du milieu de leurs frères, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. » (Dt 18.18) Ce prophète est le Christ.

« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Jean s’efface entièrement lui-même, comme tous devraient le faire et surtout ceux que le Seigneur emploie à un service quelconque en public, se contentant de n’être qu’une voix. Il était la voix de Dieu, qui annonçait l’arrivée prochaine du Seigneur et prêchait ce qui convenait au peuple pour jouir du règne du Messie ; il préparait ainsi son chemin. Mais cette voix se faisait entendre dans « le désert ». Figure de l’état du peuple juif, et du monde, où Dieu ne pouvait rien recueillir et où personne ne répondait à cette voix. Désert qui représente aussi, l’homme sourd à l’appelle de Dieu. Triste tableau de ce monde ! Sans l’intervention de Dieu en la grâce, de la venue de son Fils, il n’y aurait eu aucun remède à cet état.

« Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » La réponse de Jean, ne souffre d’aucune ambiguïté. Ces hommes reconnaissaient que, pour baptiser, il fallait être revêtu d’une autorité divine. Si les Juifs n’avaient pas été sourds à la voix de Jean, ils auraient compris sa dignité ; ils auraient vu que son baptême était d’autorité divine, lui que Jésus appelle « le plus grand des prophètes » ; ils auraient compris que leur Messie allait enfin apparaître. Leur question donne lieu à un témoignage ou Jean glorifie la personne du Seigneur. « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Amen.