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Méditation

La passion de Jésus était imminente, ce n’était plus un prophète qu’on allait assassiner, mais le Fils du Dieu vivant : Jésus le Christ notre Seigneur ! Voyant sa fin ici-bas proche, les fils de Zébédée se risquèrent à lui demander d’être l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, dans le royaume. « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? » Les souffrances et la mort, vers lesquelles Jésus marchait et dont il venait d’entretenir encore une fois ses disciples, auraient dû remplir leurs cœurs de compassion et les absorber entièrement dans une sainte émotion en pensant à leur Maître bien-aimé. Hélas ! il n’en était rien, du moins pour deux d’entre eux. Leur part dans la gloire les absorbait complètement et les empêchait de songer aux moyens d’y entrer.

« La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Jésus leur indique ici leur part avant la gloire ; quant aux places qu’ils désirent, leur dit-il, elles appartiennent à ceux pour qui elles sont préparées ; lui-même ne peut les donner à d’autres. Avant qu’ils occupent une quelconque place, la coupe des souffrances, qui était la part de Jésus, va être aussi la leur, ainsi que le baptême de la mort ; non pas la mort avec son caractère expiatoire, car il n’appartient qu’à Jésus seul, mais les souffrances et la mort, partage de ceux qui suivent Christ dans son chemin du rejet du monde. « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Jésus n’est pas venu pour octroyer aux hommes un pouvoir supplémentaire, ou un poste ministériel dans le Royaume. Il est venu nous guider vers le chemin du Royaume, un chemin fait d’humilité et de renoncement à soi-même. « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. » Notre humanité a du mal à croire en la grandeur de l’homme dans le service. L’esprit de service semble plus conforme et adapté à ceux qui se trouvent tout en bas de l’échelle. Voilà un Roi qui bouscule toute la hiérarchie, un créateur au service de sa créature.

« Frères, vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or et l’argent, car ils seront détruits ; c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache. » (1. Pie1.18-19) Jacques et Jean aspiraient à régner au côté de Jésus, ils aspiraient à la notoriété et au pouvoir que pouvait procurer cette nomination à siéger à la droite et à la gauche du Christ. Il en est de même pour nous aujourd’hui, servir n’est pas notre fort. Il est bien plus gratifiant pour l’être humain d’être servi, que de servir. Jésus nous montre que le contraire valorise l’homme, aux yeux de Dieu. Le serviteur est maître dans le Royaume.

En ce jour demandons à Dieu, dans sa grande miséricorde, de faire descendre sur chacun de nous l’Esprit de service. Pour que par lui, au service de nos frères et sœurs, nous soyons témoignage vivant de la présence du Christ en ce monde.

Amen.