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Méditation

Les disciples, comme tous les Juifs, n’avaient à l’égard du royaume que des pensées de gloire et de grandeur charnelles, et ce, malgré l’abaissement dans lequel le Roi, des rois était venu. Préoccupés de la grandeur de ceux qui seront dans le royaume des cieux, ils l’interrogent, qui sait peut-être en feront-ils partie, d’autant plus que le Seigneur venait de montrer à Pierre dans quelle haute position il le plaçait avec lui. Aussi le Seigneur va leur enseigner ce qui caractérisera ceux qui lui appartiendront, avant son établissement dans la gloire. Et c’est dans l’apparence d’un petit enfant, que Jésus va placer au milieu d’eux, qu’ils seront enseignés.

La notion de grandeur s’exprime chez l’homme, par un besoin de pouvoir, de domination, de suprématie. L’homme ne veut pas seulement être une créature, il veut être le créateur. C’est en écoutant Satan que l’homme s’est détourné de Dieu : « Dieu sait bien que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, choisissant vous-mêmes entre le bien et le mal. » (Gn 3.5) L’image de l’enfant, n’exprime en aucun cas ici une petitesse, mais la vie qui grandit pour atteindre la maturité et l’indépendance nécessaire à l’épanouissement de l’homme. Dieu veut que l’homme soit responsable et qu’il agisse de façon responsable. Comme un Père bienveillant, il nous recommande de nous aimer. « Gardez-vous, nous dit-il, de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. » Aucun de nos frères ici-bas, ne doit souffrir d’être rejeté, humilié, calomnié, nous dit Jésus.

Aux yeux des disciples, la qualité de Juif, de descendant d’Abraham, leur paraissait être suffisante pour un être un sujet du royaume, mais de toute évidence, elle ne l’était pas aux yeux de Dieu. Ils étaient tous pécheurs, et même s’ils possédaient les promesses faites à Abraham, il leur fallait avant tout naitre de nouveau, se convertir, et devenir une nouvelle créature par la grâce de la foi en Jésus-Christ. Nous voyons dans ce texte combien les pensées de Dieu sont à l’opposées de celles des hommes. Pour entrer dans la société et être quelque chose ici-bas, il faut en avoir fini avec le caractère des petits enfants. Tous les enfants souhaitent le moment où l’on ne les traitera plus comme des enfants, et surtout comme des « petits enfants », estimant que les adultes jouissent de nombreux avantages dont ils sont privés. Mais tout ce qui est de ce monde n’est pas toujours un avantage, l’élévation de l’homme au milieu de ce monde corrompu, n’est pour Dieu que l’œuvre de la vanité et du péché, qui enlève par sa nature toute espérance de salut du cœur de l’homme. « L’Éternel, le Dieu des armées, a dit : J’ai en horreur l’orgueil de Jacob, Et je hais ses palais ; Je livrerai la ville et tout ce qu’elle renferme. » (Amos 6.8)

Nous prétendons connaître le Seigneur, le fréquenter et l’aimer, et pourtant nous agissons chaque jour à l’encontre de ses préceptes. Jésus nous invite à prendre conscience du désir du Père : « Ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. » (Mt 18.14) La ressemblance et l’image du Christ en chacun de nous, ne peut survenir que par un changement radical de notre humanité, la créature nouvelle que nous sommes appelés à devenir, doit être don de lui-même, douceur et humilité Comme l’est notre Seigneur.

Amen.